Société Français d'Anthropologie Visuelle

Fiche du film : #29

Taranta (La)

Etude d'une forme d'hystérie pagano-chrétienne de l'Italie du Sud. Photo 1 Photo 2
Date de réalisation : 1962
Réalisateur : Mingozzi Gian Franco
 
Pays : Italie
Durée du film : 20'
Langue : VO
 
Antropologue : Conseiller : Ernesto De Martino
 
Image : N & B
 
Prix : Grand Prix Marzocco d'Oro, Festival dei Popoli, Florence, 1962. Sélectionné aux Oscars de 1963.
Format de diffusion : DV, VHS, DVD
Format original : 35mm

Résumé: A l'époque des moissons, dans la campagne des Pouilles, les paysans qui travaillent pieds nus sont parfois piqués par la tarentule, une araignée non venimeuse mais dont la piqûre provoque une enflure douloureuse.

Dans la croyance populaire, les victimes de la tarentule, les tarantati , sont possédées par la maladie, par le Mal, par le Diable et elles acquièrent, avec le temps, un véritable statut de malade, comparable au sujet atteint d'hystérie et d'épilepsie. Pour se libérer de la maladie, les tarantati s'abandonnent à des mouvements convulsifs, évoquant ceux de l'araignée, sur une musique obsédante au rythme de plus en plus rapide.

Au début du XIXème siècle, incapable de supprimer cette superstition, l'Eglise l'a incorporée à ses propres rituels et a investi l'image de Saint-Paul du pouvoir de soigner les malades. L'exorcisme, dans sa forme contemporaine, est un curieux mélange d'éléments païens et chrétiens, ainsi que de composantes subjectives relevant de la phobie sexuelle.

Un jour par an, le 28 juin, les malades de toute la région se rassemblent dans une église pour être exorcisés : au son de la musique et sous l'oeil grave d'un enfant portant une image de Saint-Paul, ils s'abandonnent peu à peu à la transe : la plupart, allongés sur le sol et la bouche écumante, sont pris de mouvements convulsifs ; une femme tente d'escalader l'autel ; dehors, dévisagée par une foule de spectateurs, une autre femme court de plus en plus vite autour de la place du village avant de s'écrouler, inconsciente.
Illustrant les travaux de l'anthropologue Ernesto De Martino dans la région de Salente, ce film fascinant et poétique replace le rituel d'exorcisme dans son contexte géographique et social : les villages du sud de l'Italie, poussiéreux, tombant en ruines et pauvres, au plus fort de la canicule de l'été.

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